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le retraité

Two minutes of reading 620 words – 26 November 2011
Français (French) – original version

après sa dé­mis­sion de son poste
25an­nées de faire la même chose
ai­gui­ser son ta­lent jusque dans un point de
la per­fec­tion
comme la tête d’une ai­guille—

un ri­tuel de sor­tie est ve­nu
tous les amis et col­lègues ont as­sis­té à
le­vant leurs verres à son sta­tut de lé­gende
comme un homme qui avait
vé­ri­ta­ble­ment chan­gé l’en­tre­prise.

après les fes­ti­vi­tés, il ren­tra chez lui à un sen­ti­ment creuse
les goûts dont il n’avait ja­mais connu au­pa­ra­vant
après tout, il avait toutes les choses né­ces­saires
d’ac­qué­rir une cer­taine sorte de res­pect que la so­cié­té
son en­fant avait gran­di et pas­sé au col­lège
sa femme, en­core si belle, était res­té avec lui
par sa lutte avec le can­cer de la pros­tate —
qu’il l’avait sur­vé­cu à tous et main­te­nant était cen­sé
ré­col­ter les fruits d’une vie bien fait —
il était cen­sé pro­fi­ter des der­nières an­nées de sa vie
faire tout ce qu’il avait rê­vé de faire
alors qu’il avait tra­vaillé toutes ces an­nées.

mais il ne pou­vait s’em­pê­cher de se sen­tir comme s’il avait été ra­mas­sé
ap­pa­rem­ment contre son gré, et mettre sur une éta­gère
comme une boîte de nour­ri­ture dont la date d’ex­pi­ra­tion était ta­toué sur la
cô­té —
qu’il pen­sait qu’il avait un em­ploi qui vient de s’ache­ver
il ne sa­vait pas que cette chose la re­traite a été un tel droit de pas­sage d’énormes
pour le reste de ceux qui l’en­tourent,
comme si elles étaient hors de si­gner, en vous dé­con­nec­tant
et de pas­ser plus in­té­res­sant et bien
jeunes
pers­pec­tives.

chaque jour qui passe
sa re­traite creu­sé lui —
il me dé­man­geait de l’in­té­rieur
et il a es­sayé de son mieux pour trou­ver quelque chose à faire
quelque chose qui pour­rait pas­ser le temps
mais l’en­nui l’ac­ca­blait
et pire en­core, sa belle épouse a com­men­cé à s’en­nuyer avec lui
car elle sen­tait qu’il était chan­ger —
elle of­frit idée après idée
mais il les swat­ted du ciel
comme s’il avait été né na­tu­relles au ten­nis.

il est sûr de dire qu’il est de­ve­nu amer
il est sûr de dire que s’il avait eu plus d’ar­gent ca­ché loin
il au­rait lais­sé en place et toute sa vie
dis­pa­raître
et ré­ap­pa­rais­sant ailleurs dans le monde
de vivre une nou­velle vie
où il n’a pas été mis en veilleuse, en at­tente sur son
l’ex­pi­ra­tion —
mais il n’y avait pas as­sez d’ar­gent
et tous la res­pon­sa­bi­li­té de gar­der sa femme heu­reuse
cou­plée avec le pro­grès de sa fille à l’école
ne pe­sait sur son épaule comme une tonne de briques
et il sen­tait qu’il était de­bout au mi­lieu de l’océan
nau­frage.

à ce point, beau­coup trouvent deux routes de­vant eux
on tient un che­min vers la vie
quelque chose où les fleurs com­mencent à fleu­rir à nou­veau,
tan­dis que l’autre
dé­tient la mort pure et simple —
que ce soit la mort de soi ou la mort des autres.

ré­tros­pec­ti­ve­ment, quel­qu’un lui avait de­man­dé pour­quoi il a fait la
choses sui­vantes,
il au­rait dit que c’était ce que l’en­nui avait dic­té —
qui est,
il vou­lait que sa vie soit in­té­res­sante à nou­veau.

il a ache­té un pis­to­let et a ti­ré son épouse, comme elle sor­tait de la douche
le len­de­main ma­tin,
puis il se mit à mon­ter dans sa voi­ture
conduire au bu­reau de poste
et vide le reste du clip sur ceux qui sont der­rière le comp­toir —
ils n’avaient pas vu une chose à ve­nir.

après avoir quit­té la scène,
il avait des œufs brouillés avec du ket­chup,
une gaufre belge
et un verre de jus de can­ne­berge.